Crise d’angoisse : mes 6 astuces pour les dompter

21 June 2020

Il y a 6 mois, en janvier 2020, j’ai eu un important problème de santé. J’ai failli mourir à cause d’un caillot sanguin provoqué par ma pilule (l’article est ici). Cet accident m’a provoqué un choc post-traumatique, une période de dépersonnalisation de 3 mois ainsi que de crises d’angoisse récurrentes.

Aujourd’hui, je commence enfin à voir le bout du tunnel et je me suis dit que ce serait bien de partager mon expérience. Je n’ai pas la science infuse, ni de solutions miracles mais si je peux aider ne serait-ce qu’une personne à surmonter ses crises d’angoisse, j’en serais heureuse !

Crise d'angoisse : mes 6 astuces pour les dompter.

L’origine de mes angoisses

L’angoisse est entrée dans ma vie une dizaine de jours après mon accident. Avant cela, je n’avais jamais subi de crises d’angoisse de toute ma vie. J’ai connu des périodes stressantes dans ma vie ( comme tout le monde ) mais je gérais plutôt bien mes émotions et je n’ai jamais été dévorée par le stress ou l’angoisse.

La première crise d’angoisse que j’ai faite, c’était chez moi, assise sur mon canapé lovée dans les bras de mon amoureux devant une série. Mon coeur a commencé à battre très fort, puis, j’ai ressenti des bouffées de chaleur, l’impression de suffoquer et de ne pas pouvoir respirer. Le corps qui tremble, la vision floue…J’ai bien cru que j’allais mourir, là, dans mon salon. 

Comme c’était quelques jours à peine après mon accident, nous pensions qu’il m’arrivait quelque chose de grave et nous sommes allé aux urgences. Après quelques heures, un contrôle cardiaque et sanguin on m’a renvoyé chez moi avec un ordre de repos absolu. Les médecins pensaient que je n’étais pas encore tout à fait remise de mon accident. 

Puis, une deuxième crise d’angoisse une semaine après, aussi foudroyante que la seconde. Un nouveau tour aux urgences, complètement paniquée. Contrôle cardiaque, contrôle sanguin, RAS, retour à la maison !

Suite à ce second épisode, les crises sont devenues plus impressionnantes et plus récurrentes : tous les deux jours, puis tous les jours, puis plusieurs fois par jour. Elles devenaient également plus longues et difficiles à calmer. Je pensais devenir folle ou être atteinte d’une maladie grave ou incurable : je ne contrôlais plus mon corps, ni mon coeur et je passais mon temps à être dans un état second, à trembler et suffoquer.

J’ai donc pris rendez-vous chez mon médecin généraliste qui a mis des mots sur ce que je ressentais : je souffre de crises d’angoisses et non d’un quelconque problème de santé. 

Je vous avoue qu’en premier lieu je l’ai très mal vécu et je n’ai pas accepté la situation. Moi, qui gérait bien le stress et le lâcher prise, je subissais malgré moi de violentes crises d’angoisses. 

J’étais dans le déni total, je ne souffrais pas d’angoisses, je n’étais pas folle : je voulais des « preuves » médicales que ce n’était pas de l’angoisse. Mon médecin, compréhensif, m’a fait faire un bilan de santé complet qui a démontré que j’allais bien et que mon accident n’était qu’un mauvais souvenir.

J’ai donc commencé à accepter la situation et à « prendre en main » mes crises d’angoisse. L’angoisse devenait mon ennemi n°1 : la cible à abattre ! 

Pour cela j’ai fait des longues recherches sur internet, j’ai discuté avec des personnes de mon entourage qui vivaient aussi des crises d’angoisse, j’ai écouté des podcasts, lu des livres. Jour après jour, petit à petit j’ai essayé des techniques, des exercices pour mettre l’angoisse à terre. 

C’est comme ça qu’est né cet article, Crise d’angoisse : mes 6 astuces pour les dompter. Comme je l’expliquais plus haut, je ne suis pas psychologue, je n’ai pas la science infuse et les techniques qui m’aident à m’apaiser moi ne fonctionneront peut être pas pour toi.

Comprendre son angoisse

Avant de pouvoir se battre contre un ennemi il faut déjà le connaitre. 

L’angoisse oui, mais quel est le déclencheur de la crise d’angoisse? Qu’est ce qui m’angoisse? De quoi ai-je peur? Quelles sont mes émotions lors d’une crise d’angoisse? 

Pour moi les réponses étaient simples : j’ai peur de mourir. J’ai peur de la mort et tout ce qui s’en approche : accident, maladies…

Mon accident m’a fait me rendre compte que nous n’étions pas éternels et a 25 ans j’ai eu conscience de la mort et du prix de la vie et depuis, j’ai peur de mourir. 

Pour moi les éléments déclencheurs sont assez variés : une douleur que je peux ressentir ( même un simple mal de ventre), une mort ou une maladie dans une série, une lecture sur un mort hors du commun… bref tout ce qui concerne la mort ou la maladie même si cela ne me concerne pas directement. 

Il suffit que je vive une expérience qui me fasse penser à la mort ou à la maladie pour déclencher le début d’une crise. 

Je sais que c’est loin d’être facile d’identifier la cause de ses peurs puisque ce sont des émotions et des ressentis profonds, qui sont ancrés en nous et qui nous font vivre un enfer. Mais il est vraiment important d’identifier sa peur sinon on ne peut pas la combattre. C’est un exercice difficile et il faut, je pense, du recul pour en arriver là. 

Je ne vais pas vous mentir, j’ai mis plus 2 mois à comprendre de quoi j’avais peur, à le verbaliser et à comprendre les déclencheurs de mes crises d’angoisse. Auparavant, j’avais simplement l’impression d’être « esclave » de l’angoisse, elle pointait le bout de son nez quand elle avait envie et je devais simplement subir.

J’ai conscience de faire partie des personnes chanceuses qui ont vécu un « simple » traumatisme et non d’horribles épreuves ou évènements. Je sais également qu’il peut être difficile de mettre le doigt sur ce qui nous ronge quand on a subi de nombreux traumatismes. 

L’idée c’est de formaliser son angoisse, de la rendre vivante pour la rendre destructible.

Respirer

« Respire » c’est LE truc qu’on déteste entendre pendant une crise d’angoisse ! Mais c’est malheureusement un des meilleurs conseils que l’on peut appliquer. 

Pendant une crise, on perd totalement le contrôle de notre corps et de notre respiration et le mécanisme se mets en place facilement. On respire mal => on panique => la crise continue ou s’empire.

J’ai essayé de nombreuses techniques de respiration : cohérence cardiaque, règle de trois… La seule qui a vraiment fonctionné pour moi c’est la respiration en 5. J’inspire 5 secondes, je bloque ma respiration 5 secondes, j’expire pendant 5 secondes. 

C’est évidemment très difficile pendant une crise de commencer un exercice de respiration, mais dès que celui-ci est démarré il me permet de calmer mon rythme cardiaque et de reprendre petit à petit le contrôle de mon corps et mes émotions. 

L’exercice de respiration permets aussi d’accepter la crise et de ne pas lutter. J’ai remarqué que plus je luttais contre une crise plus celle-ci était intense et durait dans le temps. Grâce à la respiration en 5 je ne me concentre que sur mon souffle et non sur l’angoisse elle même. 

Je te conseille aussi de faire l’exercice de respiration en 5 en dehors des crises d’angoisse, cela permets à ton corps d’avoir des « automatismes » et de connaitre l’exercice.

Crise d'angoisse : mes 6 astuces pour les dompter.

Accepter ses émotions

Je sais que c’est difficile à croire quand on est terrassé par une crise d’angoisse mais l’angoisse est une simple émotion. C’est une émotion comme le bonheur, la tristesse, la nostalgie ou la colère. 

Selon sa personnalité, son vécu, son histoire on est plus sensible ou plus enclin à l’angoisse. Et une des façons de combattre cette angoisse, c’est de l’accepter et de la vivre. 

J’ai personnellement passé des semaines à les redouter, les refuser pour qu’elles viennent tout de même terrasser mes journées. Plus on refuse une crise quand elle survient, plus on la combat, plus elle sera douloureuse et difficile à surmonter. 

On ne refuse pas d’être malheureux ou en colère parce que ce sont des émotions naturelles, alors pourquoi refuser l’angoisse ? 

Il faut accepter l’angoisse comme une émotion que l’on peut ressentir parfois, comme on ressent de la nostalgie ou de la tristesse face à certains épisodes de nos vies. Il faut accepter que l’angoisse fait partie du panel de nos émotions mais qu’elle ne dicte pas qui nous sommes.

Plus on accepte l’angoisse quand elle survient, moins la crise sera intense. L’idée c’est d’accepter de ressentir de l’angoisse et de faire une crise. Plus on refusera la crise, plus celle-ci sera insidieuse et difficile à terrasser.

Déjouer son cerveau

Ce conseil va peut être en faire sourire certains mais tant pis…C’est une technique qui marche à merveille pour moi et qui me permet même de calmer une crise avant qu’elle n’arrive. 

Quand je me sens angoissée ou submergée par l’angoisse ou pendant une crise, je « déjoue » mon cerveau en me concentrant sur quelque chose. 

L’idée c’est de faire travailler son cerveau de quelque façon que ce soit. Ce qui fonctionne pour moi c’est de compter bêtement « 1,2,3,4… » dans ma tête, de me rappeler des faits historiques, des dates de naissance des membres de ma famille ou des paroles d’une chanson… en bref de faire travailler ma mémoire et mon cerveau. 

Ça peut paraitre stupide, mais pendant une crise me concentrer sur autre chose me fait oublier ma crise et mon angoisse. Parfois ça marche, parfois je n’arrive pas à me concentrer et ça empire la crise. Se concentrer permet de maitriser ses émotions et ses ressentis et de parvenir à rationaliser la situation.

Je te conseille d’essayer petit à petit de te concentrer sur des choses qui te correspondent à toi : des calculs mathématiques, des mots dans une autre langue, penser à 10 capitales… faire travailler ton cerveau.

Je trouve que c’est une astuce vraiment efficace car elle permets de reprendre le fil normal de ses pensées et de rationaliser son angoisse ou la situation angoissante. Elle permets de reprendre le dessus et de calmer les symptômes physiques.

Se foutre la paix

Je crois qu’il est primordial d’arrêter de culpabiliser ou de se sentir mal ou différent parce que l’on subit des crises d’angoisse. J’ai culpabilisé pendant des semaines de faire des crises d’angoisse, d’être un « boulet », un cas désespéré qui a peur de la mort alors qu’elle passe une soirée au restaurant. Et c’était pire. Pire parce que l’angoisse dirigeait ma vie. Je faisais des crises d’angoisse à cause de mon traumatisme puis j’angoissais que mes proches m’abandonnent parce qu’ils en avaient marre que je sois dans cette situation.

Nous ne maitrisons pas nos émotions et notre angoisse. NOUS NE SOMMES PAS RESPONSABLES DE NOS CRISES D’ANGOISSE. Nous sommes responsables de la façon dont nous les gérons et ce que nous faisons pour les surmonter, c’est tout.

Personne ne s’est jamais réveillé un matin en se disant : « Et si je faisais croire à mon corps que j’allais mourir là tout de suite, ça pourrait être cool ? » Spoiler alert : NON. 

Je l’ai répété des centaines de fois à mon entourage qui ne comprenaient pas mes crises d’angoisse : je ne suis pas responsable de mes crises d’angoisse. J’ai subi un traumatisme et j’essaie de m’en sortir. Mon subconscient ne me laisse pas tranquille et me fait subir des sensations de mort imminente et non, je ne peux malheureusement pas contrôler ça.

On ne choisit pas de faire une crise d’angoisse, ce n’est pas quelque chose d’agréable à vivre, on ne les provoque pas pour se faire plaindre, faire pitié ou s’échapper d’une situation… et c’est primordial de prendre conscience de ça et de se foutre la paix une bonne fois pour toutes.

Faire des crises d’angoisses ne fait pas de nous des personnes folles, ou instables, ou difficiles à vivre. Cela fait de nous des personnes qui se battent contre des démons ou des traumatismes et qui luttent pour s’en sortir. Parfois, les démons gagnent, parfois nous gagnons.

Des lumières dans la nuit

Si je n’avais q’un seul conseil à te donner pour combattre tes crises d’angoisse c’est de t’exprimer, d’évacuer et d’extérioriser. Il faut mettre des mots sur ses maux.

Que ce soit par écrit, par la parole, le sport, par une forme d’art… peu importe ! Le principal c’est d’extérioriser, de s’exprimer et de verbaliser son angoisse. Plus elle sera réelle et distincte, plus ce sera facile d’y faire face.

Ce qui m’a vraiment aidée moi, c’est d’échanger avec des personnes qui subissent elles aussi, des crises d’angoisse. J’avais besoin de ne pas me sentir seule, de savoir que d’autres personnes vivent les mêmes choses que moi.

J’ai conscience que c’est difficile et que l’on est pas toujours bien entouré, mais l’idéal c’est d’avoir une personne de confiance qui peut t’épauler pendant une crise.

Attention, il vaut mieux éviter quelqu’un qui te dise «  c’est rien ça va passer » ou « calme toi » parce que n’aidera clairement pas. 

Je pense plutôt à quelqu’un qui sait un minimum ce que tu as vécu et qui aura les mots ou les gestes pour t’accompagner. Cela peut être n’importe qui : ton/ta chéri(e), ton/ta meilleure amie/frère/soeur/oncle… n’importe qui! Même si c’est juste un « je suis là, tu vas t’en sortir » dans ces moments là c’est primordial et ça aide. 

Je profite d’ailleurs de cet article pour dire un grand merci à ma copine Laurane, rencontrée sur twitter et qui fait partie de mes petites « lumières dans la nuit ». Quand je vous dis que votre personne de confiance peut être n’importe qui, même juste quelqu’un avec qui vous échangez des messages 🙂 

J’espère que cet article Crise d’angoisse : mes 6 astuces pour les dompter aura pu un peu t’aider ou t’apporter des nouvelles techniques pour calmer et apaiser tes angoisses. Si tu veux en discuter, n’hésites pas à m’écrire sur les réseaux sociaux, mes DM sont ouverts et c’est avec plaisir que j’aiderai.

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Romane, 25 ans, Toulousaine. Blogueuse pâtisserie depuis 2012, en 2018 j'ai décidé de changer de ligne éditoriale et de partager avec vous mes voyages, mes lectures, mon quotidien mais aussi continuer à partager avec vous des recettes gourmandes! J'espère que le blog vous plaira et que vous prendrez autant de plaisir à me lire que je prends de plaisir à écrire mes articles! Lire plus

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