J’ai failli mourir : Un caillot sanguin provoqué par ma pilule.

23 January 2020

Aujourd’hui je vous retrouve pour un article très personnel mais j’ai créé ce blog pour partager mon quotidien et je pense qu’il est important de partager les choses positives mais aussi les choses négatives et les coups durs. 

Ne pensez pas que j’ai choisi ce titre parce qu’il est accrocheur mais parce que c’est la vérité de ma situation et de ce que j’ai vécu.

La semaine dernière, j’ai failli mourir à cause d’un caillot sanguin provoqué par ma pilule.

Je ne rédige pas cet article pour diaboliser la pilule ou vous faire peur. Chaque personne et chaque corps est différent et réagit différemment à une contraception. Je fais le choix de partager mon expérience avec vous pour extérioriser, prévenir, faire réfléchir et peut être aider et rassurer d’autres femmes à qui cela pourrait arriver. 

Ma contraception avant « l’accident »

Il y a 3 mois on m’a diagnostiqué un Syndrome des Ovaires Polykystiques, je ne vais pas m’étaler sur le sujet, je ferai probablement un article à ce sujet prochainement mais j’attends d’avoir assez de recul sur la maladie, les symptômes et les traitements pour en parler en toute connaissance de cause. 

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques, c’est quoi? 

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un ensemble de signes causés par un déséquilibre hormonal. Assez fréquent, il touche entre 5 et 10 % des femmes et peut être caractérisé par l’augmentation inhabituelle de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires. Ce syndrome altère la croissance des follicules ovariens et perturbe la production d’ovules. Les ovaires peuvent quant à eux augmenter de volume.

Suite à ce diagnostic, mon médecin m’a conseillé de changer ma contraception. 

Je prenais une pilule micro-dosée appelée Microval depuis 8 ans et j’en étais très satisfaite. 

Mon médecin m’a conseillé une pilule estroprogestative appelée Optilova, composée d’un un estrogène et un progestatif.

Je suis en bonne santé malgré quelques kilos en trop, je fais 8-10h de sport par semaine et je fais régulièrement des bilans de santé.

« L’accident » 

Tout allait bien, je n’ai pas eu d’effets secondaires particuliers suite au changement de pillule.

Au bout de 3 semaines j’ai commencé à sentir comme un poids au niveau du coeur, au départ quelques minutes par jour puis ce poids est resté et s’est transformé en gêne constante. 

J’ai patienté en me disant que cela devait être une douleur musculaire due à mes séances de sport ou à une mauvaise position de sommeil. D’autres symptômes ont commencé à apparaître… j’étais de plus en plus fatiguée, j’avais des bouffées de chaleurs, des nausées.

Encore une fois je me suis dit que c’était surement dû à mon état de fatigue et à mon changement de pilule qui devait créer un petit bouleversement hormonal. 

Tout s’est accéléré un vendredi soir ou les symptômes étaient de plus en plus récurrents. J’ai patienté tout le weekend et le dimanche soir les symptômes se sont faits plus oppressants et surtout des nouveaux symptômes sont apparus : une très forte douleur au coeur, la vision trouble et une douleur dans le bras. 

J’essaie de respirer en me disant que ça va surement passer, mais les minutes passent et ça empire… je dis à l’amoureux que ça ne va vraiment pas et nous partons en direction des urgences avec le numéro des pompiers sur nos téléphones « au cas où ». 

Sur le trajet jusqu’à l’hôpital j’essaie de rester le plus calme possible, mais mon rythme cardiaque accélère beaucoup. J’essaie de me concentrer sur la route et répète à mon amoureux mes informations de santé : poids, taille, groupe sanguin, opérations etc.. J’essaie de rester calme mais je sens que quelque chose ne va pas et je commence vraiment à penser que je vais faire une crise cardiaque là, sur le chemin des urgences à 25 ans avec ma longue liste de rêves à réaliser. 

A mon arrivée aux urgences, nous sommes très rapidement pris en charge, on demande à mon amoureux de rester à l’extérieur et on m’installe sur un brancard ou on prend tout de suite mon rythme cardiaque, ma tension et un infirmier m’installe un cathéter sur le bras. 

Je suis examinée et le médecin me rassure, en me disant que ça va aller, que je ne présente pas les signes d’une embolie pulmonaire ni d’une crise cardiaque que mon état est cependant inquiétant et que je vais donc devoir subir tout une batterie d’examens et rester sous surveillance. 

Je suis donc installée dans un box des urgences branchée avec un électrocardiogramme qui vérifie mon rythme sanguin et ma tension artérielle. Je vous avoue qu’à ce moment là beaucoup de questions se bousculent dans ma tête et c’est vraiment dur de relativiser. 

Je me fais un million de films et je pense à toutes ces choses que je n’ai pas dites, ni faites. Je suis cependant rassurée, en me disant que si il arrive quoi que ce soit je suis entourée de médecins qui feront tout ce qu’ils peuvent pour m’aider. 

Les infirmiers me font des prélèvements de sang, un scanner et me posent tout une série de question sur ma vie quotidienne, mon alimentation, mes opérations et… ma contraception. 

Je ne peux pas quantifier le temps que j’ai attendu sous surveillance avant d’avoir les résultats des examens, cela m’a évidemment paru une longue éternité… 

Quand le médecin arrive il commence par me dire que ce n’est rien de grave mais que je vais rester aux urgences au moins jusqu’au lendemain. Il m’explique ensuite que ma pilule a provoqué un caillot sanguin et une arythmie, cependant comme j’ai écouté mon corps j’ai réagi à temps et cela a permis d’anticiper le fait que ce caillot puisse provoquer une phlébite pour le moins pire, une embolie pulmonaire, un AVC ou un infarctus…

Il m’explique que je dois subir d’autres examens pour localiser le caillot de sang et que je vais prendre un traitement pour le faire disparaitre.

Je ne vais pas vous détailler tous les examens et soins que j’ai reçus, la pertinence de mon article n’est pas là. Je suis sortie des urgences le lendemain avec un traitement à suivre, un arrêt de travail et un rendez-vous chez un cardiologue. 

Les symptômes d’après

Je ne vais pas vous mentir je n’ai pas ressenti de symptômes vraiment particuliers suite à mon traitement contre ce caillot sanguin seulement une immense fatigue et un cerveau un peu « embrumé ».

Hormis l’aspect psychologique et le “J’ai failli mourir à cause de ma pilule ” je tenais impérativement à vous parler des symptômes que je ressens suite à l’arrêt brutal de ma pilule.

Je prends une contraception hormonale depuis l’âge de 16 ans, mon corps est habitué à recevoir des hormones de synthèse depuis 9 ans. Depuis une semaine, il n’en reçoit plus. Je subis donc une chute d’hormones ou un « bouleversement hormonal » et je crois que les mots ne seront jamais assez forts pour vous décrire à quel point je me sens mal. 

Les effets d’une chute d’hormones sont plutôt désagréables : bouffées de chaleurs, fatigue, perte de cheveux, douleurs aux ovaires, migraines…. la liste est longue et différente selon chaque femme.

Mais il y a un symptôme dont je tiens à vous parler particulièrement… l’anxiété et les crises de panique. Je ne sais pas si j’ai particulièrement été touchée suite à mon séjour aux urgences ou si c’est simplement mon corps qui réagit à la chute d’hormones mais c’est une véritable catastrophe. 

Je suis quelqu’un de positive, joyeuse, j’adore ma vie, je passe mon temps à faire des projets et j’ai l’habitude de tout prévoir avec des mois d’avance avec beaucoup d’impatience. 

Je n’ai jamais souffert de crises d’anxiété, de crises de panique ou autre.

Depuis la semaine dernière, j’enchaine les crises de panique, les pensées très négatives, les crises de larmes… J’ai passé une nuit entière à imaginer mon enterrement et la façon dont je pensais que les gens parleraient de moi. J’avais peur de m’endormir par peur et de ne pas me réveiller. Bref je vis un enfer. Au fil des jours, je sens que les crises s’espacent de plus en plus et durent moins longtemps. J’ai espoir qu’elles finissent par disparaitre totalement.

Je n’aurais jamais cru que l’arrêt de ma pilule puisse provoquer autant de choses ni que les hormones avaient un tel impact sur notre corps.

Ce que je tiens à vous dire : 

  • Ce qui m’est arrivé peut arriver à toutes les femmes. Cela ne veut pas forcément dire que la pilule Optilova est dangereuse ou que c’est un mauvais moyen de contraception, cela signifie cependant que chacune d’entre nous à une contraception qui lui correspond. 
  • Ce n’est pas parce que J’ai failli mourir à cause de ma pilule que ça vous arrivera aussi. Chaque organisme réagit différemment.
  • La liste des effets indésirables sur les notices des pilules est à PRENDRE VRAIMENT AU SERIEUX. Au moindre doute, n’hésitez pas à consulter un médecin. Il vaut mieux consulter pour rien plutôt que passer la porte les pieds devant. 
  • CONSULTEZ votre médecin ou votre gynécologue. Parlez à vos proches de ce que vous ressentez. Ne prenez par votre douleur à la légère, ne vous dites pas que ça ira mieux demain où que ce n’est rien. 
  • Si vous devez arrêter votre contraception d’une façon brutale, parlez en à vos proches et écoutez votre corps. La chute d’hormones n’est pas anodine, prenez vos symptômes au sérieux. Chaque femme est différente et vous pouvez subir des symptômes improbables et difficiles à gérer. 

Après cette grosse frayeur, j’aime encore plus la vie et je compte bien cocher toutes les cases de ma bucketlist! 

Et demain? 

Je suis encore sous traitement et encore soumise au repos. 

J’ai rendez-vous avec ma gynécologue et le cardiologue le mois prochain pour faire le point sur ma situation. 

Je vous avoue que je ne suis pas sûre aujourd’hui de vouloir à nouveau prendre un pilule comme moyen de contraception. Le problème c’est que je ne suis pas non plus convaincue par les autres moyens de contraception… je vais donc creuser la question un peu plus longuement. 

Si le sujet vous intéresse, j’essaierai d’écrire à ce sujet. 

Si toi qui lis cet article tu as vécu la même situation que moi ou que tu as des conseils à partager sur la façon de vivre une chute d’hormones brutale, n’hésites pas à écrire dans les commentaires je partagerai tout ça ici. 

Je voudrais clôturer cet article sur une note positive… la chute d’hormones ça peut aussi être drôle parfois. Ce matin j’ai pleuré parce que mes chats se sont fait un bisou et que je les aies trouvé mignons. J’ai aussi pleuré parce que j’ai mangé une crêpe et qu’elle était beaucoup trop bonne. 

Vive la vie, vive les hormones et vive les femmes! 

Enamore

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5 Comments

  • Audrey 25 January 2020 at 18 h 34 min

    Coucou !
    Je suis contente de te découvrir via Blogs Campus !
    Je suis tellement triste de ce qui t’es arrivée ! Cela a dû être tellement angoissant !!
    En tout cas c’est vraiment bien que tu en es parlé sur ton blog parce que ce sont des choses qui arrivent malheureusement encore trop souvent sous pilule… certes la contraception est importante, mais faire du mal à sa santé à cause d’elle ne devrait plus en 2020 être d’actualité !
    Des bisous
    Audrey
    https://pausecafeavecaudrey.fr

  • venusmag 25 January 2020 at 23 h 20 min

    coucou, je viens de lire ton article avec attention… moi aussi je suis SOPK ou j’étais (je croise les doigts pour que ca soit du passé)… c’est délicat… tiens nous au courant de ce que les médecins t’ont donné comme traitement.
    Je t’envoie des ondes positives pour que ca aille mieux
    Bises

  • Sphinxou 27 January 2020 at 10 h 57 min

    Hello ! Ton article est extrêmement poignant, je te souhaite un très bon rétablissement tant physique que psychologique. J’ai arrêté la pilule il y a quelques mois à force d’entendre des témoignages comme le tien, ça me faisait flipper de prendre tant d’hormones.. Courage à toi pour la suite 🙂

  • Fugu 27 January 2020 at 14 h 32 min

    Hello ! Je suis vraiment désolée pour ce qui t’es arrivé. :/ Je ne peux cependant m’empêcher de repenser à mon ex gynécologue qui, quand j’ai voulu lui poser des questions sur les risques liés à la pilule, m’a répondu “si vous aviez du en mourir, ce serait déjà fait !”… Merci, c’est super rassurant.

    Bref… J’ai pour ma part arrêté la pilule car tout ce que tu décris suite à ton arrêt, c’est ce que moi j’ai vécu avant de l’arrêter. J’avais l’impression de “mourir” mentalement, d’une certaine manière. Aujourd’hui que je suis libre, c’est tout l’inverse. Enfin chaque femme est différente, je te souhaite juste de retrouver un équilibre et de te sentir mieux. Des bises !

  • la parenthèse psy 21 February 2020 at 10 h 58 min

    Mon dieu,ça fait peur quand même. Je suis un peu choquée par ton expérience…

    Line de https://la-parenthese-psy.com/

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    Romane, 25 ans, Toulousaine. Blogueuse pâtisserie depuis 2012, en 2018 j'ai décidé de changer de ligne éditoriale et de partager avec vous mes voyages, mes lectures, mon quotidien mais aussi continuer à partager avec vous des recettes gourmandes! J'espère que le blog vous plaira et que vous prendrez autant de plaisir à me lire que je prends de plaisir à écrire mes articles! Lire plus

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